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Rôle
économique de la femme mauritanienne
«
En afrique de l’Ouest, l’identité se confond souvent avec
l’occupation
ou l’activité productive » (SMALE, Mélinda).
Rôle économique
traditionnel:
La
société mauritanienne est d’une grande complexité
: pour la comprendre , il faut comprendre ses groupes ethniques, ses tribus,
ses classes socio-économiques et ses castes.
Il
ne s’agit pas ici d’en faire une présentation complète qui
sortirait du cadre de notre travail et de notre compétence. Nous
nous contenterons de prendre deux fractions de la société
en exemple : les Maures et les Toucouleurs (Pulaar).
Les
Maures sont traditionnellement subdivisés en Z’waya (groupes religieux
ou marabouts), les Hassans (groupes guerriers), les Zanagas (groupes tributaires
libres), les Muallamin (artisans) et les Ighuwn (griots).
Les
Mauresques dépendent du travail de leurs serviteurs. Les femmes
nobles, fussent-elles des Zawayas ou des Hassans se chargent essentiellement
de gérer et de contrôler la tente et certains travaux du camps
accomplis par les Haratines, Abides, Zanagas ou les groupes artisanaux.
Le statut de la femme mauresque s’explique par le degré d’inactivté
qui démontre sa richesse familiale en troupeaux et en serviteurs.
Les
Toucouleurs font partie des populations agricoles installées sur
les rives du fleuve sénégal, qui dans les siècles
précédant la domination coloniale, vivaient sous une théocratie
très stratifiée. La société toucouleur est
divisée traditionnellement en hommes libres (Rimbés), artisans
(Néebés) et captifs (Maccubés).
Nous
verrons plus loin, que cette division même si elle garde son sens
en terme de statut social personnel, ne dicte plus l’occupation acutelle,
ni les relations actuelles de pouvoir entre les différents sous-groupes
et les individus.
Les
femmes toucouleus ou Peulhs sont productrices à l’échelle
domestique et ménagère. En outre, elles accomplissent deux
sortes d’activités de production ménagère. Dans la
première série d’acitvités « complémentaires
», les femmes contribuent aux travaux de cultures céréalières
et d’élevage, elles sèment, gardent, sarclent, récoltent,
transportent et transforment les céréales pour la consommation
du ménage ou la vente, ou bien s’occupent des animaux fragiles ou
malades du troupeaux familial. Puisque la vente de quantités de
céréales et d’animaux incombe aux hommes, les femmes sont
rénumérées indirectement de leur travail pour la production
de ces biens.
Dans
la seconde série d’activités « secondaires »,
les femmes bien qu’elles ne possèdent pas leur propre capital en
terres ou troupeaux, gèrent chaque state de production en vendant
le produit et disposent personnellement de leur revenu. Ces activités
correspondent par exemple, au maraîchage et à l’élevage,
ainsi qu’à la transformation du lait et du beurre. Les activités
« secondaires », tout en procurant dans leur ensemble une source
principale des revenus personnels de la femme et son aptitutde à
produire en ce qui concerne ces actvités est critique, quant à
la perception, de sa valeur personnelle et à son statut parmi les
femmes. Ces revenus lui permettent d’acheter les ustensiles de ménage,
du savon, les bijoux, etc…
Ces
deux types d’activités sont accessibles à toute femme toucouleur
dont la famille possède le capital nécessaire en terre et
en bétail. En d’autres termes, elles ne sont pas spécifiques
à un groupe socio-professionnel, à une caste ou à
un groupe ». (Extrait du mémoire
de maîtise « Rôle de la femme dans le secteur informel
», préparé et soutenu par LO, Ousmane, Université
de Nouakchott, 1991, p1-2)
Analyse socio-économique
:
"On
ne peut pas saisir la Mauritanie, si l'on ne perçoit pas bien la
place qu'y occupent les femmes et le rôle qu'ells jouent, sur tous
les plans. La seule consultation des macro-statistiques est tout à
fait insuffisante pour cerner cette réalité ; il faut y ajouter
des observations systèmatiques et des micro-analyses, qui permettent
enfin de capater les nuances interethniques et les véritables zones
de pouvoir des femmes.
De
façon générale, on a tendance à croire que
la condition des femmes en Mauritanie est supérieure à celle
de l'Afrique noire et du monde arabe. D'ailleurs, en 1974-75, au moment
de la préparation de l'Année Internationale de la Femme,
la Mauritanie était considérée comme un modèle
en matière de promotion féminine, avec la création
du Conseil Supérieur des Femmes, dès l'indépendance,
et la nomination d'une des premières femmes ministres en Afrique
: Madame Aissata Kane, Ministre de la
Promotion de la Famille et des Affaires Sociales. Le choix de la Mauritanie
pour la tenue de la première Conférence Régionale
pour l'Intégration de la Femme au Développement, organisé
par la Commssion Economique des Nations-Unies pour l'Afrique (CEA), en
1977, voulait rendre hommage aux actions entreprises par ce pays en faveur
des femmes. Cette reconnaissance a encore été confirmée,
en juillet 1994, par l'organisation à Nouakchott de la rencontre
des pays francophones et du Maghreb (sous financement de l'Agence de Coopération
Culturelle et Technique), pour préparer la Quatrième Conférence
Mondiale sur les Femmes de Bijing (1995)".
"Pour
bien circonscrire la position sociale et le rôle des femmes dans
l'économie du pays, il faut éviter de parler de la femme
mauritanienne comme d'une entité monolithique, mais plutôt
parler de plusieurs réalités, celle des femmes maures et
celle des négro-africaines.
De
par la tradition, la femme maure était considérée
comme un bel ornement. On vouait un culte à sa beauté(1).
La richesse des familles et leur prestige social se mesuraient au taux
d'inactivité des femmes. Cette vision comportait des avantages :
haute considération de la femme, respect, refus de l'agression verbale
ou physique, consultation dans la prise de décision et pouvoir informel
considérable, droit à l'expression de la parole en public.Toutefois,
des inconvénients étaient associés à cette
situation : développement de la passivité, attitude négative
relative au travail des femmes, non-experimentation du travail productif,
absence de capacités techniques (sauf dans l'artisanat d'art). Il
conviendrait ici d'établir des distinction entre les différentes
strates sociales de la société maure traditionnelle : femme
nobles de tribu maraboutique, et de tribu guerrière, femmes haratines
(esclaves aujourd'hui affranchies), femmes zenagas, forgeronnes et griottes(2).
"Chez
les négro-africaines, la problématique se situait de façon
différente. Quelle que soit leur appartenance ethnique, celles-ci
avaient tendance à n'être considérées qu'en
fonction de leur force de travail. Les avantages liés à cette
condition étaient les suivants : taux élévé
d'activités chez les femmes, habitude au travail dur et intensif,
responsabiliation. Cependant, les inconvénients étaient nombreux
: forte pression de conformité sociale pour maintenir la femme dans
un état de soumission nécessaire au maintien du système,
domination plus manifeste des hommes et des femmes âgées sur
les plus jeunes. "(...)Sur le plan économique, la femme maure n'a
aucune obligation de contribuer à l'entretien de sa famille. Dans
le passé, les hommes voyaient d'un très mauvais oeil le fait
queleur femme travaille à l'extérieur du foyer et gagnent
de l'argent ; plusieurs étaient même prêts à
donner eux-mêmes cet argent à leur épouse pour qu'elle
accepte de ne pas travailler. La situation a beaucoup changé, étant
donné la crise économique et la nécessité d'augmenter
le revenu de l'homme pour subvenir aux besoins de base de la famille. Chez
les négro-africaines, il y a une obligation de contribuer à
l'entretien du ménage ; les femmes doivent en général
acheter les sauces, le savon, les ustensiles de ménage, les vêtements,
les bijoux et la dot des filles. Les charges de ces dernières sont
donc plus lourdes". ("Petites commerçants
de Mauritanie", SIMARD, Gisèle, éd. ACCT-Khartala, 1996).
"Bien que
la situation des femmes mauritaniennes apparaisse privilégiée
à plusieurs égards, il n'en demeure pas moins qu'il existe
des similitudes avec le vécu des femmes dans d'autres pays en développement.
On peut citer à ce titre, les problèmes liés à
la pauvreté et à l'augmentation du taux des femmes chefs
de ménages, à l'analphabétisme, aux conditions précaires
de santé, à la faible rentabilité du travail, à
la sous-représentativité des femmes dans le processus de
démocratisation et le développement à la base, sans
compter leur manque d'information concernant leurs droits et les opportunités
qui s'offrent à elles pour une amélioration de leur position
sociale et leurs conditions économiques.
Une
stratégie nationale de promotion féminine a été
adoptée par le Gouvernement, le 8 mars 1995, dans le but d'apporter
des correctifs aux principales lacunes identifiées dans le diagnostic
préalable, découpé en six champs prioritaires:
-
-santé-population
-
-éducation-formation
-
-vie associative
-
-auto-emploi
-
-famille
et droits
-
-environnement
Des
orientations stratégiques ont ensuite été définies,
de même que des plans d'actions.(...)Cette stratégie, qui
est l'émanation d'une reflexion véritablement mauritanienne,
saura sûrement améliorer la position sociale des femmes et
leurs conditions économiques (...)" .("Petites
commerçantes de Mauritanie", SIMARD, G., ed. ACCT-KARTHALA, 1996,p.89)
Participation
économique :
Selon
les rapports mondiaux sur le développement humain (1996 et 1999),
l'indicateur de participation des femmes mauritaniennes est passé
de 0,163 en 1993 à 0,197 en 1997. Ce qui place la Mauritanie à
la 102ème place sur 104 pays pour la première année
etau 99ème rang pour la seconde année.
Calculé
pour l'année 1997, l'IPF mauritanien est selon les estimations du
présent rapport de 0,219, soit un gain de 16 points par rapport
à 1996. Cette amélioration est principalement imputable
à l'accès des femmes, pour la première fois, à
l'assemblée nationale suite au électionslégislatives
de 1996 (...).
Malgré
cette évolution, l'IPF de la Mauritanie dénote uneforte
insuffisance de cadres et de responsables féminins ainsi qu'une
très faible représentation des femmes dans les instances
parlementaires".(Extrait du "Rapport National
sur le Développement Humain 2000").
Au
niveau de l'Administration :
Au
niveau de l'Administration, on observe un énorme accroissement de
la population féminine. En plus des carrières qui leur sont
traditionnellement dévolues (Santé, Secrétariat, Enseignement,
etc.), on note une présence de plus en plus grande au niveau des
postes de décision (Ministres, Secretaire Générales,
Conseillères, Chargées de missions...). De même, les
femmes mauritaniennes oeuvrent au sein du Parlement National où
siègent plus de trois femmes. Elles ont également concus
des domaines tels que la recherche scientifique et technique, les nouvelles
technologies, etc...
liens
dans ce sens :
La
femme est présente dans tous les espaces
Diagnostic
bilan de la situation de la femme en Mauritanie
Participation
politique des femmes de Mauritanie
Femmes
de Mauritanie et agriculture
Riz
des femmes, riz des hommes au Guidimaka (Mauritanie)
Les
femmes et l'eau en Mauritanie
Les
femmes de Mauritanie et le secteur du tourisme
Les
femmes dans la police nationale
Participation
de la femme mauritanienne
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