| Contraintes à
l’éducation des filles :
Les
principales études ( Banque Mondiale, UNICEF, World Vision) sur
les contraintes à la scolarisation des filles en Mauritanie montrent
que les filles ont de grandes difficultés à :
(i)
Poursuivre leurs études, se maintenir dans le système éducatif
et
(ii)
Réussir aux examens de fin de cycle
Pour
des raisons multiples, interactives et s’expliquant par le contexte socio-économique
et socio-culturel.
Plus
particulièrement, il s’agit de:
-
L’extrême
pauvreté des parents et des coûts d’opportunités très
élevés pour la plupart des familles ;
-
La
distance à parcourir entre les collèges situés dans
les villes et le lieu de résidence;
-
Les
tâches domestiques que les adolescentes doivent assumer traditionnellement,
tout au long de la journée et de l’année, que ce soit dans
leur famille ou chez les parents qui les accueillent en ville;
-
Les
mariages et maternités précoces: une fille sur quatre est
mariée dès l’âge de 12 ans, une fille sur deux dès
l’âge de 14 ans et trois filles sur quatre à l’âge de
17 ans;
-
Les
représentations sociales discriminatoires de l’identité et
du rôle de la femme, avec pour corollaire la dévalorisation
des études des filles;
-
Les
comportements et commentaires des enseignants où souvent transparaissent
des messages discriminatoires et désobligeants à l’égard
des filles;
-
L’inadéquation
des méthodes et des contenus d’enseignement par rapport aux besoins
des filles;
-
Les
attitudes sexistes véhiculées par les contenus des programmes
et des manuels scolaires renforçant les représentations traditionnelles;
-
Les
méthodes pédagogiques essentiellement axées sur des
exposés dogmatiques, faisant appel à la mémoire plutôt
qu’au raisonnement, combinées à une discipline autoritaire
souvent blessante et humiliante pour la fille;
-
Les
formations initiales et continues des enseignants n’impliquent pas l’adhésion
du corps enseignant dans un processus de changement de comportement vis
à vis des filles élèves ;
-
Le
nombre réduit de femmes enseignantes au niveau de l’enseignement
secondaire. En 1998/1999, les femmes ne représentaient que 12,7
% des enseignants du 1er cycle (les collèges) et 7,1 % des enseignants
du 2ème cycle (les lycées) ;
-
L’absence
d’encadrement pédagogique et le découragement dû aux
échecs scolaires ;
-
Les
campagnes de sensibilisation sur la scolarisation des filles sont plutôt
un transfert de l’information à sens unique et vertical. Les communautés
ne sont pas impliquées dans le processus.
(Extrait
de la"Présentation des problèmes de l'éducation des
filles en Mauritanie", MINT BABANA Fatimétou dite Siham, PNUD, Nouakchott-2001)
|