| Projet UNF/UNFIP
1.
Les Objectifs du projet
Le
titre du projet: « Eduquer les adolescentes pour soutenir le développement
des communautés » montre l’importance très grande de
la scolarisation, en particulier des filles, pour la lutte contre la pauvreté
et le développement. Ceci est d’autant plus vrai en Mauritanie
où les moins de 18 ans constituent 50 % de la population totale.
C’est pour cette raison que le gouvernement mauritanien a consenti des
efforts importants pour rendre l’éducation fondamentale accessible
à tous.
Cependant,
les filles sont encore trop peu scolarisées au niveau de l’enseignement
secondaire : le taux brut de scolarisation des filles passe de 83.5% dans
l’enseignement du premier degré à 14% en moyenne au niveau
de l’enseignement secondaire. A ceci s’ajoutent des taux très élevés
de déperdition en cours de scolarité: une estimation sur
la base d’une cohorte reconstituée de 1000 filles admises en 1ère
année de l’enseignement secondaire révèle que 574
passent en second cycle et 441 arrivent en 6ème année et
seulement 73 obtiennent leur diplôme, soit un total de 927 abandons.
Enfin on observe un important écart entre le taux de réussite
des filles et celui des garçons. En 1999, le taux de réussite
des garçons au baccalauréat a été de 21%, mais
seulement de 9.9% pour les filles.
Aussi,
ce projet a pour objectif principal de faire progresser rapidement la scolarisation
des filles dans le cycle de l’enseignement secondaire et de renforcer leur
autonomie en vue de leur permettre de participer efficacement au développement
socio-économique de leur communauté. Deux produits majeurs
sont attendus de l’exécution de ce projet:
1)
Un accroissement de la demande d’éducation des filles au premier
cycle du secondaire;
2)
L’amélioration de la fréquentation et du rendement scolaire
des filles dans le cycle du secondaire.
Il s’agit
d’un projet pilote, ciblé sur les quatre régions dans lesquelles
les statistiques concernant la scolarisation des filles sont les plus alarmantes
: l’Assaba, le Brakna, le Gorgol et le Guidimagha.
2.
Les spécificités du projet
Les
principales études sur les contraintes à la scolarisation
des filles en Mauritanie montrent que les filles ont de grandes difficultés
à poursuivre leurs études et réussir aux examens pour
des raisons multiples et interactives. Il s’agit notamment de l’extrême
pauvreté des parents, qui ne peuvent payer les frais liés
à la scolarisation, de la distance à parcourir entre les
collèges situés dans les villes et le lieu de résidence
de la famille, ou encore des tâches domestiques que les adolescentes
doivent assumer traditionnellement, que ce soit dans leur famille ou chez
les parents qui les accueillent en ville. Mais il y a également
les mariages et les maternités précoces (une fille sur deux
est mariée dès l’âge de 14 ans), et les représentations
sociales discriminatoires de l’identité et du rôle de la femme,
avec pour corollaire la dévalorisation des études des filles.
Le nombre réduit de femmes enseignantes au niveau de l’enseignement
secondaire ne permet pas encore de compenser cette image : En 1998/1999,
les femmes ne représentaient que 12% des enseignants du 1er cycle
et 7% des enseignants du 2ème cycle.
Aussi,
afin de maximiser l’impact du projet et favoriser au maximum la scolarisation
des filles, le projet conjoint du système des Nations Unies signé
le 22 février 2001 par le Coordonnateur Résident et son équipe
et le Ministre de l’Education Nationale adopte une démarche
novatrice :
-
Tout
d’abord, il adopte une approche multisectorielle et intégrée,
ceci afin de prendre en compte l’ensemble des facteurs de blocage identifiés,
qu’ils soient financiers ou structurels, ou encore culturels ou sociologiques.
Il y aura pour cela huit axes d’intervention complémentaires, qui
sont : l’appui aux familles les plus nécessiteuses par la constitution
de fonds de crédit, la création de foyers d’accueil, l’amélioration
des infrastructures scolaires, des actions de plaidoyer et de mobilisation
sociale en faveur de la scolarisation des filles, le renforcement des compétences
des enseignants et de la pertinence des contenus éducatifs, l’animation
de la vie scolaire, et la mise en place de différentes formes de
soutien scolaire. Pour cela, les différents ministères concernés
(l’Education, mais aussi la Santé, la Communication, les Affaires
Economiques et le Développement, ou encore les Secrétariats
d’Etat à la Condition Féminine et à l’Alphabétisation)
sont donc représentés dans les Comités de Pilotage
du projet.
-
Le
projet sera mené selon une approche participative et décentralisée
: une telle approche permet d’impliquer et de relier, à chacun des
niveaux, les structures et les personnes concernées : il y aura
ainsi un Comité national de pilotage, mais aussi des comités
régionaux et locaux de pilotage, où se rencontrent tous les
partenaires du projet (gouvernementaux, de la société civile
et des Nations Unies). Les associations seront parties prenantes du projet,
qu’il s’agisse des Comités Villageois de Gestion de l’Education,
des Associations des parents d’élèves, des Associations de
Mères Educatrices ou encore des associations d’élèves.
-
Le
projet vise aussi à déterminer un modèle d’intervention
pour l’amélioration de la scolarisation des filles, généralisable
à l’ensemble du pays, qui sera réalisé sur la base
des résultats du projet dans les 4 régions ciblées.
Il sera partagé avec tous les partenaires.
-
Pour
les Nations Unies en Mauritanie, ce projet montre enfin une voie nouvelle
: réalisé par le Gouvernement, ce projet implique directement
le PNUD, l’UNICEF, le FNUAP, l’OMS, l’ONUSIDA et a le soutien de la FAO
et du PAM. Construit sur la complémentarité des agences,
un tel projet conjoint permet de tirer le meilleur parti des spécialités
de chacune, et de construire un réel projet intégré.
C’est
parce qu’il touche un axe essentiel du développement, l’éducation
des filles, et qu’il développe une approche pilote, qui devrait
permettre de relever de manière significative la solarisation des
filles, que UNFIP, financé par la Fondation Turner, a accepté
de financer ce projet, pour un montant 1 553 000 US dollars.
Ce
projet, qui a démarré le 1er avril pour une durée
de trois ans et demi, devrait ainsi permettre, dans les quatre wilayas
ciblées, d’augmenter de 50% les effectifs féminins au secondaire,
de réduire sensiblement le taux de déperdition et de porter
le taux de réussite aux examens de fin de cycle au niveau des garçons.
Un
atelier « Foyers d’accueil » a été organisé
les 14,15 et 16 mai à l’IPN dans le cadre du Volet B – Appui à
la création et à la gestion des foyers d’accueil, volet clé
du projet qui vise à faciliter l’accès au secondaire aux
filles qui vivent dans des villages où il n y’a pas de collèges.
Cet
atelier a vu la participation des maires, des présidents des associations
de parents d’élèves, des représentants des départements
concernés, des DREF et coordinateurs de la DES. Les résultats
attendus de l’atelier étaient principalement des propositions sur
les critères de choix de sites de foyers, des villages de provenance
des filles, de sélection des filles, le profil des gestionnaires
et les principes de gestion des foyers.
L’exploitation
de ces résultats a été faite et il a été
retenu d’ouvrir des foyers expérimentaux dans les régions
cibles comme suit :
Au
Brakna deux foyers : Djonaba
et Boghé
Au
Guidimakha deux foyers : Sélibaby et ould Yengé
Au
Gorgol un foyer
: M’bout
En
Assaba
: Kankossa.
(Extrait
du projet Projet Conjoint du Système des Nations Unies
Projet
UNF/UNFIP, 2001)
Pour
plus d'informations sur ce projet, contacter :
Mme
Fatimétou MINT BABANA
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